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Episode précédent : Entrée dans le Sarek Une météo difficile, mais des lumières somptueuses… En route vers Algavagge puis Sarvesvagge ! Mercredi  4 Mikka – Pilastugan – Mikka / 12h- 17h / 13km / -10°C constant La vue est bouchée, un jour blanc, froid, avec un bon gros vent qui perce les vêtements et le visage. Je décide aujourd’hui de rester ici pour attendre une accalmie, alors que Roger ira se rapprocher de son sommet plus à l’ouest.

  Je laisse la tente et la pulka, et pars faire un tour vers Bierikvagge, que j’imagine comme l’un des plus beaux endroits du Sarek… Sait-on jamais, une petite éclaircie ?  Hélas, seulement deux petits rayons de soleil me permettent de distinguer plus ou moins la rivière Rahpaljahka vers le sud, mais tout le reste demeure désespérément encombré de nuages menaçants… Je passe un peu de temps dans la forêt qui commence (la limite des arbres est vers 800m d’altitude), à chercher des traces d’animaux, surprendre et me faire surprendre par des lagopèdes…Ils adorent le mauvais temps apparemment : leur plumage entièrement blanc à l’exception d’une fine ligne au niveau de leur yeux. Du coup, dans la tempête (sui ne les empêche absolument pas de marcher ou voler), on ne distingue pas leur corps, mais seulement deux petits traits noirs voler sautiller juste au dessus du sol… une petite hallucination en quelque sorte, qui rend la météo exécrable plus sympathique !   Après quelques heures dehors dans ce froid et ce vent, il est temps de rentrer… Voilà un jour où il vaut mieux avoir sa boussole, sa carte, altimètre et gps ! Je suis à 7 km au sud de ma tante. Le retour se fera vent de face, avec masque, cagoule, moufles, goretex fermée au maximum… Je constate que les traces que je fais dans la neige sont recouvertes quasi instantanément… Je me fixe de petits points pour avoir un semblant d’orientation. De petits objectifs (une pierre, un arbuste) tout les 20 mètres, pour avoir la sensation d’avancer… Heureusement, le gps me permet me positionner, et après trois heures de lutte contre le vent,  de retrouver ma tente. (avec 20 mètres de visibilité par moment, on peut dire que je « tombe » vraiment dessus !)     Jeudi 5 Mikka – Algavaggge – Kapell / 9h30- 20h / 23km /  -12°C -5°C   Après une nuit bien agitée par les rafales -non, aucun flocon n’est rentré cette fois-ci ! -, je lève le camp assez rapidement pour me diriger vers l’ouest en prenant la vallée Alggavagge. La vue est toujours bouchée, même si de temps en temps quelques trous de lumière permettent quand même d’apprécier un paysage grandiose, rendu dramatique par la. Dans la poudreuse jusqu’au mollets, la pulka à tout à coup doublé son poids sans m’avertir ! Je culmine à 1 km/h en forçant au maximum (au lieu de 4 à 6 normalement)… Les cuisses chauffent, mais il va falloir durer plusieurs heures comme ça !

Un peu plus tard, je distingue un point coloré au loin : c’est la tente de Johanson, qui attend un trou de ciel bleu pour faire son sommet. Généreux dans l’effort, il décidera de m’accompagner et de faire la faire la trace quelques temps. Quelle énergie économisée pour moi ! Après deux heures, nous devons nous séparer pour de bon cette fois, et je continue seul vers l’ouest. Mon objectif : la Kapell d’Alkavare, en bordure du Sarek. Je progresse doucement, mais y arrive le soir. En sortant progressivement de la vallée, la lumière réapparaît, donnant des couleurs fabuleuses aux collines devant moi. L’intérieur de la chapelle – où se déroule une unique célébration par an- est remplie d’une épaisse couche de neige. Je m’emménage un espace déneigé pour passer une bonne soirée, à écouter le vent s’engouffrer entre les pierres de l’édifice… Comme tout les soirs, j’élabore des plans pour essayer de faire un petit sommet pas trop technique dans les environs… mais c’est la météo qui décide toujours, on verra demain !   Vendredi 6 Kapell – Sarvesvagge / 10h 19h / 20km / matin -3°C puis -10°C Finalement, gros nuages sur les sommets, pas de grimpe pour aujourd’hui… je continue ma route vers le sud puis revenir à l’est dans la Sarvesvagge.  Il fait chaud aujourd’hui ( -3°C ), et la neige qui est tombée jusqu’à la fin de la matinée colle sous les skis et la pulka, ce qui freine terriblement. C’est malgré tout un plaisir de faire sa trace dans un paysage blanc vierge… Le vent violent qui se lève soulève la poudreuse, et j’évolue vite dans un monde monochrome aux allures arctiques ! Je doit laisser le soleil qui rayonne en bordure du Sarek pour replonger vers le centre du massif, où s’accumulent de gros nuages noirs… Dure décision à prendre ! Je dis au revoir au soleil en regardant derrière moi : Le vent souffle de plus en plus violemment. Je retombe sur mes amis les lagopèdes dans la tempête. Eux sont tranquillement en train de chercher de la nourriture, peu importe les rafales ! Je déciderai faire la tente tant que le vent me le permet encore. S’il forcit encore, j’ai peur d’avoir des difficultés à installer la tente seul. Je déroule la tente dans le sens du vent, en attachant progressivement chaque point aux pieux à neige au fur et à mesure. La pulka me sert de leste pour empêcher la tente de s’envoler. Finalement pas de problème, avec un peu de méthode on s’en sort !

Episode suivant : Ascension du Voejsnejakka

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